La turbine de Lutterworth
, officier de la RAF, a breveté dès 1930 le principe du turboréacteur. À Lutterworth, sa petite société Power Jets met au point un moteur révolutionnaire, mais l'establishment aéronautique, dominé par les motoristes à piston, reste sceptique.
À l'automne 1940, le projet vient enfin d'être classé prioritaire par le ministère de l'Air. Se pose alors la question décisive : qui doit construire ces moteurs, et selon quelle stratégie industrielle ?
Whittle veut perfectionner sa machine avant tout, dans son atelier, par essais répétés. Le ministère, lui, songe déjà à la cadence de guerre et aux grands industriels capables de produire en masse.
À l'automne 1940, comment faire passer le turboréacteur du banc d'essai à la production de série ?
Le ministère de l'Air choisit de confier la production en série à de grands constructeurs extérieurs : dès 1940, des contrats pour le moteur W.2 sont passés avec des firmes comme Rover, au grand dam de Whittle, qui redoutait que des sous-traitants inexpérimentés ne dénaturent sa conception. Power Jets conserva le rôle de bureau d'études et d'essais. Le W.1 vola pour la première fois le 15 mai 1941 sur le Gloster E.28/39. La rivalité avec Rover, puis le transfert du dossier à Rolls-Royce en 1943, marqua durablement l'histoire du turboréacteur britannique.









