, 69 ans, est conseiller financier (Speciale Amministrazione) du Vatican depuis 1929 — poste créé par après les accords de Latran (1929), qui ont accordé au Saint-Siège 750 millions de lires d'indemnité italienne. Mission de Nogara : investir ce capital pour assurer l'indépendance financière du Vatican. Profession initiale : ingénieur, ancien directeur de la Banca Commerciale Italiana.
Au 1er septembre 1939, le portefeuille Nogara dépasse 2 milliards de lires — investi en actions multinationales (Bayer, Krupp, Beretta, IBM, Standard Oil, General Motors), immobilier (Rome, New York, Genève), or (300 tonnes stockées à Fort Knox et à Genève). La guerre impose des arbitrages rapides : exposition aux industries allemandes, redéploiement vers les marchés américains et suisses, mise à l'abri de l'or alors que l'Italie penche vers la belligérance.
Une question délicate se pose : que faire des actifs vaticans en Pologne occupée (~50 millions de lires en propriétés et entreprises) ? Négocier une compensation avec le Reich, liquider dans la précipitation pour sauver ce qui peut l'être, ou laisser les biens entre les mains des évêchés polonais en pariant sur l'issue de la guerre ?
Nogara doit trancher.
Comment Nogara doit-il gérer les actifs en Pologne occupée ?
Nogara applique B. Aucune liquidation précipitée des actifs vaticans en Pologne — les administrateurs polonais locaux (évêques, monastères) gardent la gestion. Cette décision préserve l'essentiel pour 1945. Dès le début de la guerre, Nogara liquide les actions allemandes (Krupp, IG Farben, Bayer) avant que le Reich ne contrôle l'industrie, achète massivement des actions américaines (Coca-Cola, Standard Oil, RCA) et suisses (Nestlé, Roche), et transfère l'or vatican de Rome vers la Suisse et les États-Unis. La Banque du Vatican, créée en 1942 — IOR, Istituto per le Opere di Religione — devient l'un des plus gros investisseurs étrangers à Wall Street. À la Libération, le portefeuille vatican vaut 3,5 milliards — plus élevé qu'avant guerre. Nogara reste conseiller jusqu'à sa mort en novembre 1958 (deux ans après ). Son héritage économique au Vatican est immense : il a transformé l'État pontifical en puissance financière mondiale, mais sa gestion reste controversée (relations avec banques fascistes, achats de positions industrielles dans des entreprises produisant pour les belligérants des deux côtés, opacité). La création de l'IOR en 1942 est aujourd'hui considérée comme l'une des structures bancaires les plus opaques du monde — scandales successifs (Banco Ambrosiano 1982, scandales 2010-2020).









