, 50 ans, est président du Conseil du Portugal depuis 1932 — régime autoritaire conservateur (l'Estado Novo), fondé sur le corporatisme, le catholicisme social et le nationalisme. Ancien professeur de finances publiques à l'Université de Coimbra, Salazar gouverne par technocratie — silencieux, méthodique, peu charismatique.
Position géopolitique du Portugal au 1er septembre 1939 : - Alliance anglo-portugaise depuis le traité de Windsor 1373 (la plus ancienne alliance encore en vigueur au monde) - Liens commerciaux étroits avec l'Allemagne (60 % des importations de tungstène allemand viennent du Wolfram portugais — minéral critique pour blindages et munitions) - Sympathie idéologique pour Franco (Espagne franquiste voisine) et Mussolini, mais prudence vis-à-vis du nazisme (Salazar reste catholique-conservateur, anti-totalitaire) - Empire colonial atlantique (Açores, Madère, Cap-Vert, Angola, Mozambique, Goa, Macao, Timor) — vulnérable aux convoitises Axe et Alliés
Pendant l'hiver 1939-1940, Salazar doit composer entre trois pressions : - Londres (Halifax) demande le respect strict de l'alliance anglo-portugaise - Berlin (Ribbentrop) propose des accords commerciaux avantageux pour préserver le tungstène (5 800 tonnes/an, 80 % des exports portugais) - Franco (Espagne) demande la solidarité ibérique — pression pour une neutralité parallèle
Quelle ligne Salazar adopte-t-il ?
Salazar applique B avec une subtilité diplomatique remarquable. Le Portugal reste officiellement neutre mais maintient l'alliance anglaise comme cadre de référence. Exportations de tungstène vers les deux camps simultanément (avec contrôle des prix par taxation — Salazar gagne 15 % de marge sur chaque expédition). Refus d'accorder à l'Allemagne des facilités militaires dans les colonies. En octobre 1943, sous pression britannique massive, Salazar accorde aux Alliés l'utilisation des bases aériennes des Açores — décision critique dans la victoire alliée de la Bataille de l'Atlantique (les Açores permettent la couverture aérienne du gap atlantique). Salazar maintient son régime tout au long de la guerre, sort indemne, prolonge l'Estado Novo jusqu'à sa mort en 1970. Son successeur sera renversé par la Révolution des Œillets du 25 avril 1974. La diplomatie portugaise 1939-1945 reste un cas d'école de neutralité active.









