Gensoul reçoit Holland — Mers-el-Kébir 10h
L'amiral commande la française mouillée à Mers-el-Kébir, près d'Oran : les cuirassés Dunkerque, Strasbourg, Provence, Bretagne et des contre-torpilleurs. Depuis l'aube du 3 juillet 1940, la puissante britannique (le croiseur de bataille Hood, les cuirassés Valiant et Resolution, le porte-avions Ark Royal) croise au large. La , mouillée dans une rade étroite, a ses chaudières en partie éteintes : appareiller pour combattre demanderait de longues heures.
À 10h00, le capitaine , qui parle français, monte à bord présenter un ultimatum signé de l'amiral Somerville. Quatre options sont offertes : rallier la Royal Navy pour continuer le combat ; gagner un port britannique avec équipages réduits ; gagner les Antilles françaises ou les États-Unis pour y désarmer ; ou se saborder dans un délai de six heures. Faute de réponse positive, la ouvrira le feu.
Gensoul, qui n'a pas livré sa flotte aux Allemands et estime son honneur engagé, doit décider en quelques heures, sous la menace des canons d'un allié de la veille. Le délai fixé par l'ultimatum court jusqu'à 17h00, et chaque message doit transiter par l'amiral Darlan, à Vichy, à des milliers de kilomètres de la rade.
Comment Gensoul doit-il répondre à l'ultimatum britannique ?
Gensoul choisit C, avec une conséquence tragique : il transmet à Darlan un compte rendu abrégé de l'ultimatum, mentionnant le sabordage et le combat, mais omettant l'option des Antilles — pourtant la plus susceptible d'éviter le drame. Darlan répond de répondre « force par force ». Gensoul fait allumer les chaudières et prépare le combat. À 16h54, la ouvre le feu. L'historien a montré que la non-transmission de l'option des Antilles fut le tournant de l'épisode : une communication tronquée, sous tension, a fermé la seule issue négociée. Gensoul, blâmé par l'historiographie pour cette omission, défendra sa conduite jusqu'à sa mort.









