Le Pacifique français rallie
Loin de l'Europe, les territoires français du Pacifique — Nouvelles-Hébrides, Nouvelle-Calédonie, Établissements français de l'Océanie (Tahiti) — apprennent l'armistice et la division entre Vichy et la France libre. Isolés, voisins de possessions britanniques et australiennes, ils doivent eux aussi choisir leur camp.
Pour les administrateurs et les populations locales (colons, fonctionnaires, et populations autochtones diversement impliquées), l'enjeu est réel. Rallier la France libre de De Gaulle, en s'appuyant sur les voisins alliés (Australie, Nouvelle-Zélande) et en continuant la guerre. Rester fidèles à Vichy, par légalisme, malgré l'éloignement. Ou attendre une clarification.
Le ralliement de ces territoires donnerait à la France libre une présence sur un troisième continent et des ressources (le nickel de Nouvelle-Calédonie, stratégique). Mais il suppose de rompre avec la légalité de Vichy, parfois au prix de tensions locales entre partisans des deux camps. L'éloignement et la proximité des Alliés du Pacifique pèsent dans la balance.
Les territoires du Pacifique doivent-ils rallier la France libre, rester fidèles à Vichy, ou attendre ?
Les territoires du Pacifique choisissent A durant l'été-automne 1940 : les Nouvelles-Hébrides se rallient à de Gaulle dès juillet 1940 (parmi les tout premiers, avec le Tchad), suivies des Établissements de l'Océanie (Tahiti) et de la Nouvelle-Calédonie en septembre. Ces ralliements, soutenus par l'Australie et la Nouvelle-Zélande, donnent à la France libre une assise dans le Pacifique et l'accès à des ressources stratégiques (le nickel calédonien). La Nouvelle-Calédonie deviendra plus tard une base alliée majeure dans la guerre du Pacifique contre le Japon. L'engagement de ces territoires lointains, parfois au prix de tensions locales, illustre la dimension mondiale du ralliement à la France libre dès l'été 1940.









