Platt face à Kassala — janvier 1941
En 1940, l'Italie a conquis la Somalie britannique et menacé le Soudan et le Kenya depuis sa vaste colonie d'Afrique orientale italienne (Éthiopie, Érythrée, Somalie), où le vice-roi, le duc d'Aoste, commande des centaines de milliers d'hommes — mais coupés de tout ravitaillement depuis l'entrée en guerre, leurs stocks de carburant et de munitions s'épuisant inexorablement.
Le général , depuis Khartoum, commande des forces modestes mais aguerries — dont la 4e et la 5e divisions indiennes. Son objectif assigné par Wavell est double : sécuriser le Soudan et rouvrir les routes maritimes de la mer Rouge, vitales pour le ravitaillement de l'Égypte. Les Italiens, conscients de leur isolement, ont commencé à se replier de leurs positions avancées.
À la mi-janvier 1941, Platt vise Kassala, ville-frontière prise par les Italiens en 1940. Le terrain et le climat sont rudes, ses moyens limités. Il doit décider de l'ampleur de son action : une offensive vigoureuse pour bousculer un adversaire qui décroche, une avance prudente pour ménager ses forces réduites, ou une simple sécurisation du Soudan sans s'engager en Érythrée.
Platt doit-il lancer une offensive en Érythrée ou se limiter à sécuriser le Soudan ?
Platt choisit A. Les Italiens évacuant Kassala dans la nuit du 18 au 19 janvier 1941, ses divisions indiennes les talonnent et franchissent la frontière d'Érythrée, prenant Agordat puis butant sur la formidable position montagneuse de Keren. Conjuguée à l'offensive venue du Kenya au sud (général Cunningham) et au soulèvement éthiopien soutenu par les Britanniques, l'avance de Platt enclenche la reconquête de l'Afrique orientale italienne. Mais Keren se révélera un verrou autrement plus dur. L'isolement logistique du duc d'Aoste, prévu de longue date par l'état-major britannique, s'avère décisif : privées de ravitaillement, les forces italiennes d'Afrique orientale sont condamnées à une lente asphyxie, quelle que soit leur supériorité numérique initiale.









