Peng Dehuai — sortir de la guérilla ?
, 42 ans, commande en second la , les forces communistes chinoises engagées contre le Japon depuis 1937 dans le cadre du Front uni avec les nationalistes de . Paysan devenu chef de guerre, vétéran de la Longue Marche, il dirige depuis le Shanxi des unités rompues à la guérilla.
L'été 1940 est sombre. Le Japon mène en Chine du Nord une politique de pacification méthodique : il quadrille les zones communistes au moyen de lignes ferroviaires fortifiées, hérissées de blockhaus et de fossés — la « tactique de la cage » qui cloisonne les bases de résistance et étrangle leur mobilité. Les actes de sabotage s'effondrent. Dans le même temps, le Front uni se fissure : les nationalistes bloquent les bases communistes, et Tchang a coupé les subsides. Une guerre civile menace, que les négociations nippo-nationalistes du début d'été rendent plus crédible encore.
Peng tient là une décision lourde. La a toujours évité la bataille rangée, préférant frapper et disparaître. Lancer une grande offensive conventionnelle contre les lignes japonaises affirmerait l'effort communiste aux yeux de Chongqing — mais exposerait ses troupes et dévoilerait ses forces.
Faut-il lancer la première grande offensive conventionnelle contre les Japonais, ou rester en guérilla pour préserver ses forces face aux nationalistes ?
applique A : le 20 août 1940, il déclenche la bataille des Cent Régiments (Bai tuan da zhan), première grande opération conventionnelle communiste de la guerre. Les cibles sont les voies ferrées Zhengtai et Tongpu, les ponts, les lignes téléphoniques — d'où le surnom de « campagne pour briser la cage ». Prévue pour une vingtaine de régiments, l'offensive en aligne plus de 80 dès le 22 août, beaucoup engagés sans même prévenir le commandement. Les petits postes japonais tombent par dizaines. Mais la riposte sera terrible : le Japon lance la politique des « Trois Tout » (tuer tout, brûler tout, piller tout), ravageant les campagnes du Nord. Les pertes communistes, lourdes, et l'exposition de l'appareil militaire vaudront plus tard à Peng de vives critiques de . L'offensive avait néanmoins prouvé que les communistes combattaient l'envahisseur.









