Changsha 1941 : Xue Yue face à l'offensive japonaise
En septembre 1941, l'armée impériale japonaise lance sa deuxième grande offensive contre Changsha, capitale du Hunan, au cœur de la Chine méridionale. Plusieurs divisions, appuyées par l'aviation et l'artillerie, franchissent la rivière Xinqiang et progressent vers le sud, cherchant à briser la résistance de la 9e zone de guerre et à détruire les armées chinoises massées autour de la cité. L'enjeu est considérable : Changsha verrouille les voies vers le sud-ouest et son maintien pèse sur le moral d'une Chine déjà épuisée par quatre années de guerre.
Le général Xue Yue, qui commande la zone, connaît intimement ce terrain coupé de rivières, de rizières et de collines basses. Ses propres forces, nombreuses mais inégalement équipées, manquent d'armes lourdes et d'appui aérien face à un adversaire mieux doté en feu et en mobilité. Chaque décision engage des dizaines de milliers d'hommes et le sort d'une province entière, alors que le poids et la direction exacte de l'effort adverse demeurent difficiles à évaluer.
Les liaisons sont fragiles, les renseignements sur l'axe principal d'effort encore incertains, et l'ennemi se rapproche jour après jour des abords de la ville. Le commandement doit trancher en quelques heures.
Comment Xue Yue doit-il conduire la défense de Changsha face à l'offensive japonaise ?
Xue Yue choisit de laisser l'ennemi s'enfoncer puis de frapper ses flancs et ses arrières, appliquant la tactique qu'il baptise le « filet en eau profonde » (tianlu zhanshu) : laisser les colonnes japonaises pénétrer en profondeur, les laisser s'étirer et s'épuiser dans le dédale des rivières et des rizières, puis refermer sur elles des contre-attaques convergentes visant flancs, arrières et lignes de ravitaillement. Les troupes japonaises parviennent bien jusqu'aux abords de Changsha, mais, harcelées et menacées d'encerclement, elles doivent amorcer leur retraite vers le nord, repassant la Xinqiang dans le courant d'octobre 1941. Les deux camps revendiquent la victoire et les pertes restent disputées, mais cette seconde bataille de Changsha est largement présentée par la Chine nationaliste comme un succès défensif majeur, renforçant la réputation de Xue Yue. La même méthode sera de nouveau employée, avec un effet plus net encore, lors de la troisième bataille de Changsha à l'hiver 1941-1942.









