Le Noël de Hong Kong — Maltby et la reddition
Le major-général Christopher Maltby commande une garnison de quelque 14 000 hommes — Britanniques, Canadiens, Indiens et volontaires locaux — retranchés sur l'île depuis que la **38e division** japonaise a traversé le détroit dans la nuit du 18 décembre. En 17 jours, la **Gin Drinkers Line** a cédé, Kowloon est tombée, et les assaillants ont fondu sur les **réservoirs d'eau** qui alimentent la ville : la soif s'ajoute à l'épuisement. La garnison est désormais coupée en 2 ; des atrocités ont déjà souillé les hôpitaux.
Maltby se trouve devant une arithmétique cruelle. Capituler ce matin de Noël arrêterait l'hémorragie et épargnerait à la population civile un massacre que les rapports de terrain jugent imminent — mais livrer 14 000 soldats à une captivité dont nul ne mesure encore la brutalité est irréversible. Résister jusqu'au dernier homme dans la presqu'île de **Stanley**, l'ultime réduit défendable, prolongerait l'honneur militaire mais sacrifierait des milliers de blessés sans changer l'issue. Lancer une contre-attaque pour reprendre les réservoirs redonnerait un souffle et une monnaie d'échange — à condition de disposer de troupes encore en état de combattre, ce dont Maltby doute profondément.
Le gouverneur Sir Mark Young attend sa recommandation. La ville brûle, les communications se délitent, et chaque heure de combat supplémentaire se paie en civils et en soldats.
Hong Kong, 25 décembre 1941, major-général commandant la garnison : que faire face à l'effondrement de la défense insulaire ?
Maltby conseille la capitulation au gouverneur Young. En fin d'après-midi, Young se rend au quartier général japonais et signe la reddition — le « Black Christmas » — mettant fin à 17 jours de résistance. Près de 12 000 prisonniers de guerre subiront des années de captivité brutale dans des camps comme Sham Shui Po, marquées par la faim, la maladie et les mauvais traitements.
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T10-017