Saint-Pierre-et-Miquelon : coup de force ou prudence ?
L'amiral mouille au large de avec 3 corvettes et un sous-marin des Forces navales françaises libres. Sous ses yeux, l'archipel continue d'émettre des signaux radio dont profitent les U-boots dans l'Atlantique nord, tandis que l'administration locale prête allégeance à . De Gaulle a donné son feu vert au ralliement, mais Washington a fait savoir, sans ambiguïté, que toute opération militaire contre un territoire sous autorité française serait perçue comme une violation de la doctrine Monroe et risquerait de fracturer la relation naissante entre la et les États-Unis.
Muselier tient une opportunité rare : la population de l'archipel semble favorable à la , et ses corvettes suffisent à neutraliser la maigre garnison vichyste sans combat. Mais agir signifie affronter la fureur prévisible du secrétaire d'État , qui défend à tout prix les accords avec . Renoncer préserverait la bonne entente avec l'allié américain tout en condamnant l'archipel à demeurer une enclave utile à l'ennemi.
Muselier doit trancher avant que Washington ne formalise son veto : débarquer et rallier l'archipel par la force malgré l'opposition américaine ; accepter le veto de Roosevelt et rentrer avec ses corvettes pour ne pas compromettre l'alliance ; ou tenter une négociation discrète avec l'administration vichyste locale pour éviter l'affrontement diplomatique.
Saint-Pierre-et-Miquelon, 24 décembre 1941, chef des Forces navales françaises libres : comment Muselier peut-il mettre fin à la présence de Vichy sans briser l'alliance avec Washington ?
Muselier débarque le 24 décembre 1941. Un plébiscite organisé dans les jours suivants confirme le ralliement à la , sans une goutte de sang. Mais entre dans une colère noire, qualifiant publiquement les gaullistes de « soi-disant Français Libres » et exigeant leur retrait. Roosevelt hésite, puis recule face à l'opinion publique américaine et britannique, favorable au coup d'éclat. L'archipel reste rattaché à la . L'affaire, anecdotique militairement, constitue la première affirmation fracassante de la souveraineté gaulliste face à Washington — et installe une méfiance durable entre Roosevelt et la .
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