Le lieutenant-général Arthur Percival tient un ultimatum signé du général **Tomoyuki Yamashita** : se rendre avant la fin du jour, ou voir la 25e armée impériale lancer l'assaut final sur la ville. Depuis le 8 février, les troupes de Yamashita ont franchi le détroit de Johor et brisé les défenses périphériques de l'île. Ce matin, l'ingénieur en chef l'informe que les **réservoirs d'eau** desservant la ville ne tiendront plus que 24 heures : près d'un million de civils sont au bord d'une crise sanitaire majeure.
Churchill a pourtant câblé ses instructions sans équivoque : « Il n'est pas question de reddition. » Percival sait que ses quelque 85 000 soldats — Britanniques, Australiens, Indiens — se replient dans un périmètre qui rétrécit d'heure en heure. Ce qu'il ignore, c'est que **Yamashita** bluffe : ses lignes de ravitaillement s'étirent sur 1 100 kilomètres de péninsule, et ses stocks de munitions sont presque épuisés.
Percival doit choisir : capituler pour épargner le carnage parmi les troupes et la population privée d'eau, au prix d'une honte historique ; résister rue par rue, en obéissant à l'ordre de Londres et en pariant que les pertes japonaises briseront l'élan ennemi ; ou tenter une contre-attaque vers le nord pour percer l'étau et rouvrir les lignes logistiques avant que la soif ne décime ses propres rangs.
Singapour, 15 février 1942, lieutenant-général commandant les forces du Commonwealth en Malaisie : comment répondre à l'ultimatum de Yamashita alors que l'eau manque ?
Percival capitule en fin d'après-midi, à l'usine Ford de Bukit Timah. Environ 80 000 soldats du Commonwealth sont faits prisonniers — la plus grande capitulation de l'histoire militaire britannique. Churchill la qualifie de « pire désastre » jamais subi par la Grande-Bretagne. Les prisonniers endurent une captivité atroce : camp de Changi, voie ferrée de Birmanie. Ce que Percival ne savait pas : Yamashita manquait lui-même de munitions pour un assaut prolongé.
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