Kirponos, Kiev et l'interdiction de Staline
À la mi-septembre 1941, deux tenailles blindées allemandes — Guderian descendant du nord, Kleist remontant de Krementchoug — sont sur le point de se refermer loin derrière Kiev, prenant au piège quatre armées soviétiques (5e, 21e, 26e, 37e). Kirponos, qui commande le , voit le désastre se nouer.
Depuis le 7 septembre, il réclame le repli à l'est de la Desna. Staline refuse d'abandonner Kiev ou de détruire les ponts, accuse les chefs de « faiblesse » et ne concède que des ajustements mineurs. Le maréchal Boudienny, qui ose plaider pour la retraite le 11 septembre, est relevé de son commandement. Se replier sans l'aval du Stavka, c'est risquer la cour martiale ; rester, c'est l'encerclement.
Le général est pris entre la discipline absolue due au Guide et le salut de centaines de milliers d'hommes.
Face à l'encerclement qui se referme, Kirponos doit-il tenir Kiev comme l'exige Staline, ordonner de lui-même la percée vers l'est, ou réclamer encore l'autorisation de se replier ?
Kirponos s'inclina devant l'ordre de tenir. Le 15 septembre, les tenailles se refermèrent près de Lokhvytsia ; l'autorisation de quitter Kiev n'arriva que le 17, trop tard et trop partielle. La poche se disloqua : les Allemands annoncèrent environ 665 000 prisonniers (les sources soviétiques avancent un chiffre bien moindre, vivement débattu). Kirponos lui-même fut tué le 20 septembre en tentant de percer à Choumeïkovo. Ce fut le plus grand encerclement de l'histoire — un triomphe allemand qui ouvrit le Donbass, mais retarda de précieuses semaines la ruée sur Moscou.









