Rostov : reculer ou obéir au Führer
Le 21 novembre 1941, la 1re armée blindée de Kleist — avec la division Leibstandarte — prend Rostov-sur-le-Don, porte du Caucase et de son pétrole. Mais la pointe est dangereusement étirée ; une contre-offensive soviétique menace de l'encercler.
Rundstedt, qui commande le Groupe d'armées Sud, juge la position exposée et redoute la perte de son aile. Une ligne de repli existe en arrière, sur le Mius, mais Hitler a posé le principe du « tenir coûte que coûte » : aucun recul ne doit être consenti sans son aval. Le maréchal se trouve pris entre la sauvegarde de ses divisions et la discipline due au quartier général.
La décision qui se présente est sans précédent sur le front de l'Est : un grand chef allemand peut-il, de sa propre autorité, contrevenir à un ordre formel du Führer ?
Menacé d'encerclement à Rostov, Rundstedt doit-il maintenir la ville sur ordre d'Hitler, ou ordonner le repli sur le Mius au risque d'être démis ?
Rundstedt ordonna le repli sur la ligne du Mius ; Hitler annula l'ordre. Le maréchal refusa de le révoquer. L' reprit Rostov les 28-29 novembre 1941 — le premier grand revers allemand de la guerre. Rundstedt fut limogé le 1er décembre et remplacé par Reichenau, qui constata aussitôt qu'il avait raison et obtint d'Hitler l'autorisation, à contrecœur, de se replier sur le Mius. Ce fut le premier retrait stratégique majeur de la — une fêlure dans le mythe de l'invincibilité, quelques semaines avant la contre-offensive de Moscou.









