La boue, l'hiver et la route de Moscou
Après Kiev, la Wehrmacht se retourne vers Moscou : c'est l'opération Typhon. Le groupe de panzers de Guderian s'élance dès le 30 septembre — deux jours avant l'assaut général du 2 octobre — depuis la région de Gloukhov vers Orel et Briansk. Le de von Bock veut encercler les fronts soviétiques avant la capitale.
Le vrai adversaire est le calendrier. La raspoutitsa, la boue d'automne, va bientôt engluer les pistes, puis viendra le gel ; les chars sont usés, le carburant compté. Pousser à fond maintenant pour refermer les poches et atteindre Moscou avant l'hiver, ou faire halte pour reconstituer ses unités et raccourcir ses lignes ?
Guderian, apôtre de la guerre de mouvement, sait que chaque jour perdu profite à la défense soviétique.
Guderian doit-il lancer aussitôt la ruée blindée vers Orel et Briansk, attendre le gros de l'offensive, ou faire halte pour ménager ses chars avant la boue ?
Guderian attaqua dès le 30 septembre. Typhon débuta en triomphe : les poches de Viazma et de Briansk livrèrent environ 673 000 prisonniers, Orel tomba le 3 octobre. Mais la boue, puis le froid de décembre, immobilisèrent la Wehrmacht aux portes de Moscou ; les chars de Guderian atteignirent les abords de Toula sans pouvoir l'enlever. La course gagnée sur le calendrier se perdit dans la raspoutitsa et la neige.









