Mussolini veut sa victoire en Albanie
À l'automne 1940, Mussolini a lancé l'Italie dans une invasion de la Grèce qu'il croyait facile. Le désastre fut immédiat : les Grecs ont contre-attaqué et repoussé les divisions italiennes loin à l'intérieur de l'Albanie. Six mois plus tard, le Duce rumine cette humiliation et veut une revanche éclatante — avant qu'Hitler ne vienne lui « régler » son problème balkanique.
Le 2 mars 1941, il s'installe à Tirana pour superviser en personne une grande offensive de printemps, l'Operazione Primavera. La radio italienne annonce qu'il conduira lui-même l'attaque. Le 9 mars, onze divisions s'élancent contre les positions grecques retranchées dans un terrain montagneux, soutenues par l'artillerie, l'aviation et la .
Mais les Grecs tiennent. Les assauts frontaux se brisent jour après jour sur des crêtes comme la cote 731, qui change à peine de mains malgré des pertes effroyables. Au 14 mars, le chef d'état-major, le général , vient dire au Duce ce que le terrain hurle déjà : l'offensive a échoué.
Mussolini, présent sur place, doit décider du sort de son opération.
Mussolini doit-il interrompre l'offensive jugée perdue par Cavallero, ou s'entêter à la poursuivre ?
Mussolini choisit B : il s'entête. Refusant d'admettre la défaite devant les Grecs, il ordonne de reprendre les assauts, qui se succèdent quotidiennement jusqu'au 24 mars sans le moindre gain. Le bilan est accablant : plus de 11 800 morts et blessés italiens contre environ 1 200 tués côté grec. Le Duce finit par reconnaître lui-même que le résultat de l'offensive est « nul ». L'humiliation est totale : l'Italie s'avère incapable de vaincre la Grèce par ses propres moyens. C'est désormais l'Allemagne qui réglera la question — l'opération Marita, déclenchée le 6 avril, écrasera la Grèce en quelques semaines et reléguera définitivement l'armée italienne au rang de partenaire subalterne dans les Balkans.









