Dès les premiers mois de l'occupation, des Belges entrent en résistance par de petits gestes : tracts, renseignements transmis vers Londres, aide aux soldats alliés, premiers journaux clandestins. Mais l'occupant et sa police (la Geheime Feldpolizei, bientôt la Gestapo) traquent ces premières manifestations d'opposition, et les arrestations commencent.
Pour vous, l'engagement est aussi un calcul de risque. Poursuivre et intensifier votre action malgré le danger croissant, en prenant des précautions de clandestinité. Vous mettre en sommeil pour un temps, après les premières arrestations dans votre entourage, par prudence. Ou renoncer, jugeant le risque trop grand pour vous et votre famille face à un occupant tout-puissant.
À l'été 1940, la résistance est balbutiante, isolée, sans réelle organisation ni soutien extérieur structuré, et l'Allemagne paraît invincible. S'engager ou persévérer relève alors d'un choix moral solitaire, lourd de conséquences. Les premiers arrêtés ouvrent une longue chaîne de répression — mais aussi la légende d'une résistance qui, partie de presque rien, ne cessera de croître.
Notre premier résistant doit-il intensifier son action, se mettre en sommeil, ou renoncer ?
Une minorité déterminée choisit A : malgré les premières arrestations de l'été-automne 1940, des résistants belges persévèrent et structurent peu à peu leurs actions — naissance de la presse clandestine (La Libre Belgique clandestine renaît dès 1940), des réseaux de renseignement et d'évasion, des premiers mouvements organisés. Beaucoup d'autres, par prudence ou réalisme, se mettent en retrait (B) ou attendent. La répression, d'abord limitée, se durcira fortement à partir de 1941-1942 (exécutions, déportations, camps). Les premiers arrêtés de 1940 inaugurent une longue et coûteuse histoire : celle d'une résistance partie de gestes individuels et risqués, dans un pays occupé où l'avenir paraissait scellé en faveur de l'Allemagne.









