À peine installé, l'occupant ordonne la remise de toutes les armes détenues par la population : fusils de chasse, armes de service, munitions. Conserver une arme devient un délit lourdement puni, pouvant aller jusqu'à la peine de mort. Pour beaucoup d'anciens combattants ou de simples citoyens patriotes, l'idée de désarmer totalement le pays au profit de l'ennemi est insupportable.
Pour vous, ancien combattant, le dilemme est précoce — c'est l'un des tout premiers gestes de refus possibles. Remettre vos armes comme exigé, par prudence et pour protéger votre famille. Les cacher (enterrées, emmurées) dans l'espoir d'un futur sursaut ou d'une résistance encore inexistante. Ou n'en remettre qu'une partie, en dissimulant le reste pour parer à toute éventualité.
À l'été 1940, aucune résistance organisée n'existe encore, et cacher une arme relève surtout du geste symbolique ou de l'intuition. Mais ce choix individuel, multiplié, constituera plus tard un réservoir matériel et moral pour les réseaux clandestins. Le risque, lui, est immédiat et mortel en cas de perquisition.
Notre ancien combattant doit-il remettre ses armes, les cacher, ou n'en remettre qu'une partie ?
La majorité, par prudence et sous la menace de lourdes peines, choisit A et remet ses armes. Mais une minorité opte pour B ou C : des fusils et des munitions sont enterrés, emmurés, dissimulés — gestes individuels de refus, sans organisation, qui constitueront plus tard l'un des socles matériels de la Résistance belge. Conserver une arme exposait à des sanctions très sévères. Ces dissimulations précoces, encore isolées à l'été 1940, témoignent d'un esprit de refus qui mettra des mois à se structurer en réseaux. Elles rappellent que la résistance a commencé, pour beaucoup, par de petits actes clandestins et risqués, bien avant toute organisation.









