Damas — la campagne de Syrie
Le général , haut-commissaire et commandant des forces de Vichy au Levant, contrôle la Syrie et le Liban sous mandat français. Au printemps 1941, l'application des Protocoles de Paris a fait de ces territoires un point de passage pour l'aide aérienne allemande à la révolte irakienne : des avions de la Luftwaffe ont transité par les aérodromes syriens, alarmant les Britanniques.
Pour Londres et la France Libre de De Gaulle, cette brèche est inacceptable : laisser l'Axe s'installer au Levant menacerait l'Égypte, le canal de Suez et le pétrole du Moyen-Orient. Le 8 juin 1941, ils lancent l'opération Exporter : troupes britanniques, australiennes, indiennes et françaises libres pénètrent en Syrie depuis la Palestine et l'Irak.
Dentz commande environ 35 000 hommes — troupes coloniales et restées fidèles à Vichy. Il se trouve devant un dilemme déchirant : opposer une résistance sérieuse à d'anciens alliés et à d'autres Français, au nom de la légalité de Vichy et de l'honneur militaire ; ne livrer qu'un combat symbolique pour sauver les apparences ; ou céder pour épargner un affrontement fratricide. Les premiers accrochages tournent vite à une guerre franco-française.
Dentz doit-il défendre sérieusement le Levant contre les Alliés et les Français Libres ?
Dentz choisit A : ses troupes résistent durement pendant plus de cinq semaines, infligeant aux assaillants des pertes lourdes et inattendues. Damas tombe le 21 juin, mais les combats se poursuivent jusqu'à la mi-juillet, et l'affrontement entre Français de Vichy et Français Libres laisse des plaies profondes. L'armistice de Saint-Jean-d'Acre, le 14 juillet, met fin à la campagne. Le bilan est amer : environ un millier de morts de chaque côté français, et la grande majorité des soldats de Dentz choisiront de rentrer en métropole plutôt que de rallier de Gaulle — déception cruelle pour la France Libre. La campagne de Syrie sécurise toutefois le flanc allié du Moyen-Orient et prive l'Axe d'une base au Levant.









