Wieluń, 4h40 — la première bombe de la guerre
Le 1er septembre 1939, vers 4h40 du matin, avant même toute déclaration de guerre, les Junkers Ju 87 « Stuka » du atteignent Wieluń, une petite ville de la voïvodie de Łódź dépourvue de toute valeur militaire. L'un des premiers bâtiments touchés est l'hôpital, pourtant marqué de la croix rouge : des dizaines de patients y meurent, et les pilotes mitraillent ceux qui tentent de fuir les flammes. En quelques heures, jusqu'à 70 % de la ville, et 90 % du centre, sont rasés.
Les habitants n'ont reçu aucun avertissement. Un boulanger, déjà debout pour allumer son four à l'heure habituelle, voit les avions piquer sur les toits. Tout autour, les maisons s'effondrent, les rues s'emplissent de fumée et de blessés.
Il lui faut décider en quelques minutes : se précipiter pour tenter d'aider les blessés et lutter contre les incendies, fuir aussitôt vers la campagne avec sa famille, ou se terrer dans la cave de son fournil en espérant que l'orage d'acier passe.
À l'aube du 1er septembre 1939, que fait un habitant de Wieluń quand les premières bombes tombent ?
Surpris sans aucun avertissement par un bombardement d'une violence inédite contre des civils, les habitants de Wieluń n'ont pas pu organiser de défense : ceux qui le purent s'enfuirent en masse vers les villages et les champs environnants, tandis que la ville brûlait. Wieluń, parfois appelée la « Guernica polonaise », est considérée comme le lieu du premier crime de guerre du conflit — une attaque délibérée contre une population sans défense, hôpital compris, en violation des conventions de La Haye. Le nombre exact de morts reste discuté : les sources polonaises avancent souvent jusqu'à environ 1 200 victimes, mais les décomptes strictement établis sont plus bas (quelques centaines), tant la destruction et le chaos ont rendu tout recensement impossible.









