Tréand et La France au travail
Après la dissolution du PCF le 26 septembre 1939, les militants communistes français basculent dans la clandestinité totale. Direction officielle () en URSS, prend le commandement clandestin à Paris (jusqu'en juin 1940 où il rejoint la Belgique). , 41 ans, ancien typographe à L'Humanité, dirige la branche propagande.
Ses missions : récupérer les machines à imprimer cachées chez des militants avant l'interdiction ; fabriquer journaux clandestins ; diffuser les directives de la Komintern (qui parviennent par valise diplomatique soviétique via Stockholm).
Premier journal clandestin : L'Humanité version polycopie (octobre 1939). Tirage : 1 200 exemplaires. Puis La Vie ouvrière (CGT-U clandestine). Le 20 décembre 1939, première parution de La France au travail — quotidien clandestin du PCF, tirage 5 000 exemplaires, diffusion Paris-banlieue par cellules de 5 militants.
Les directives de la Komintern qui parviennent par Stockholm imposent une orientation « anti-guerre impérialiste », hostile à la défense nationale comme aux dirigeants socialistes (Blum ayant soutenu la dissolution du PCF).
Tréand doit décider de la ligne du journal face au discrédit du PCF.
Comment Tréand doit-il gérer le discrédit politique du PCF ?
Tréand applique A strictement. Pendant tout l'hiver 1939-1940, la ligne du PCF clandestin reste anti-guerre impérialiste, ce qui aliène une partie de la classe ouvrière française (qui soutient la défense nationale). Conséquence : arrestations massives par la brigade spéciale Antitérroriste de la police française (BS1 puis BS2) — 5 600 militants arrêtés entre septembre 1939 et juin 1940, 3 700 condamnés. La France au travail est saisi à plusieurs reprises mais reparaît. Bascule politique le 22 juin 1941 (Barbarossa) : le PCF clandestin entre en résistance active contre l'occupant nazi. et (« Maxime ») créent les (). Tréand reste responsable propagande PCF clandestin pendant l'Occupation, arrêté en mai 1941, interné à Châteaubriant. Libéré 1942, arrêté de nouveau 1943, déporté à Buchenwald. Survit. Après-guerre, marginalisé par Thorez, exclu du Bureau politique 1952. Meurt en 1980. L'épisode du PCF clandestin de l'hiver 1939-1940 reste politiquement gênant pour la mémoire française d'après-guerre.









