Anders à la Loubianka
, 47 ans, commande la — l'une des formations les plus prestigieuses de la cavalerie polonaise. Vétéran de la guerre polono-soviétique 1919-1921 (où il a combattu Toukhatchevsky). En septembre 1939, son unité tient le secteur de Lwów-Tarnopol puis tente la percée vers la Hongrie. Anders est blessé deux fois : à la jambe gauche par éclat d'obus le 27 septembre, à la poitrine par balle le 29 septembre. Capturé inconscient par les Soviétiques le 30 septembre 1939 à proximité de Sambor (Galicie orientale).
Hôpital militaire soviétique de Lwów d'octobre à décembre 1939. Le NKVD local lui soumet déjà des propositions de coopération. Transféré le 23 décembre 1939 à la prison du NKVD de Lwów, puis à Moscou en février 1940. Interné à la Loubianka — siège central du NKVD. Cellule individuelle. Interrogatoires quotidiens par le commissaire Beria personnellement, le général , et .
Stratégie soviétique : convertir Anders comme cadre militaire pour une armée polonaise pro-soviétique future. Pendant 18 mois (octobre 1939 - août 1941), Anders est emprisonné à Loubianka, dans des conditions correctes (cellule individuelle, repas réguliers, accès aux journaux) mais sans aucune nouvelle de l'extérieur.
Il doit décider de sa posture face aux interrogateurs.
Que peut faire Anders pour préserver son rôle futur ?
Anders applique A sans concession. Il refuse toute conversation politique, exige le statut de prisonnier de guerre, demande l'évacuation vers la Grande-Bretagne en vertu de la Convention de Genève (que l'URSS n'a pas signée). Pendant 18 mois, rien ne bouge. Le 22 juin 1941 — invasion allemande de l'URSS — change tout. Le 30 juillet 1941, accord Sikorski-Maïski : libération de tous les prisonniers polonais en URSS. Anders est libéré le 4 août 1941 de la Loubianka. Sikorski le nomme commandant en chef de l'Armée polonaise en URSS (futurs « Anders Army »). En 18 mois, il rassemble 115 000 soldats (sur les ~1,7 million de Polonais déportés en URSS). Évacuation en Iran (mars-août 1942), puis Palestine, puis en Italie (Monte Cassino mai 1944, où ses troupes prennent le monastère — symbole). Refus de rentrer en Pologne communiste 1945. Émigre à Londres. Privé de citoyenneté polonaise par le régime communiste en 1946. Meurt à Londres en 1970. Réhabilité par la République polonaise en 1989.









