Le Deuxième Bureau polonais dans Varsovie assiégée
Fin septembre 1939, Varsovie est encerclée et pilonnée par la Wehrmacht. Le gouvernement et le haut commandement ont quitté la capitale dès le 5 septembre, repliés vers le sud-est ; le 14, ils franchissent déjà la frontière roumaine. Dans la ville défendue par le général , ce qui subsiste de l'Oddział II, le Deuxième Bureau de l'état-major, tente de mettre ses dossiers et son personnel à l'abri d'une capture imminente par l'Abwehr, qui traque les archives polonaises.
Un officier du service sait la place perdue : la capitulation de Varsovie n'est qu'une question de jours. Les voies de sortie vers le sud, en direction de la Roumanie ou de la Hongrie, restent un temps praticables, mais elles peuvent se refermer à tout moment, et chaque jour qui passe rend le franchissement plus aléatoire.
Trois conduites s'offrent à lui : gagner la Roumanie ou la Hongrie pour tenter de reconstituer le service hors des frontières, demeurer clandestinement dans la ville pour y monter un réseau sur place, ou cesser le combat et se rendre. Chacune engage le sort des dossiers, des hommes et de la capacité du renseignement polonais à survivre à la défaite.
Alors que le siège touche à sa fin, que fait l'officier de renseignement ?
La consigne réelle fut l'évacuation : par la « tête de pont roumaine » aménagée pour permettre aux cadres de l'armée et de l'administration de gagner le sud puis la France, l'essentiel des cadres de l'Oddział II et du Bureau du chiffre gagna la Roumanie et la Hongrie, puis la France, où le renseignement polonais reprit ses activités (notamment le travail sur Enigma au PC Bruno près de Paris) ; les autorités polonaises entendaient poursuivre la lutte en exil. Le repli ne fut pas sans pertes : les archives mal détruites permirent à l'Abwehr d'arrêter plus d'une centaine d'agents et d'informateurs restés sur place, dont beaucoup furent exécutés. La reconstitution du service en exil l'emporta donc nettement sur le maintien clandestin improvisé dans la capitale assiégée.









