La Poste polonaise de Dantzig — Guderski sous le feu SS
La Poste polonaise de Dantzig est l'une des trois institutions polonaises que le traité de Versailles autorise dans la Ville Libre de Dantzig (statut depuis 1920). Cinquante-six employés y travaillent, tous citoyens polonais. Depuis mai 1939, les autorités de Varsovie y ont discrètement infiltré huit officiers de réserve dont , lieutenant du génie, 39 ans, sous l'identité d'un fonctionnaire postal. Le bâtiment est officiellement civil mais des armes — pistolets Vis wz.35, grenades, fusils-mitrailleurs Browning wz.28, deux mitrailleuses légères — y sont cachées depuis juillet.
Le directeur officiel est ; est son adjoint. Guderski commande clandestinement la défense. Cinquante-six hommes au total : postiers de métier, ouvriers, quelques anciens combattants de 1920.
À 04h45 le 1er septembre, alors que le Schleswig-Holstein ouvre le feu sur Westerplatte, la () et la Schutzpolizei allemande, soit environ 180 hommes appuyés par deux automitrailleuses ADGZ, attaquent la Poste polonaise. Mission : neutraliser cette poche polonaise au cœur de la ville. Guderski commande les défenseurs : tenir le bâtiment, protéger les civils (femmes et enfants des employés présents sur place).
Que faire dans les six premières heures de combat ?
Guderski choisit B. La défense tient pendant quinze heures. Vers 12h, Guderski est tué par l'explosion d'une grenade qu'il vient de lancer (selon ). Flisykowski prend le commandement effectif. Les SS amènent un véhicule citerne et inondent les caves de pétrole ; à 17h30, ils incendient le bâtiment au lance-flammes. La reddition intervient vers 19h, drapeau blanc agité depuis une fenêtre. Bilan : 6 défenseurs morts au combat, une dizaine brûlés vifs ou tués lors de la sortie sous le feu, quelques évadés. Les survivants — 38 postiers — sont condamnés à mort par un Sondergericht (tribunal d'exception) allemand le 8 octobre 1939 pour "francs-tireurs" et fusillés le 5 octobre 1939 dans les fossés de l'aérodrome de Zaspa. Le jugement sera annulé en 1995-1998 par la Cour fédérale d'Allemagne, qui reconnaîtra que les défenseurs avaient légalement le droit de combattre en tant que militaires d'un État belligérant. Les noms des fusillés sont aujourd'hui inscrits sur un mémorial à Gdańsk.









