Le front rompu sur la Somme et l'Aisne, les Allemands marchent sur Paris. La capitale, symbole de la nation, compte des millions d'habitants et un patrimoine inestimable. Le gouvernement, qui a quitté la ville pour Tours puis Bordeaux, et le gouverneur militaire doivent décider de son sort.
Défendre Paris rue par rue, comme certains le réclament, transformerait la ville en champ de ruines et coûterait d'innombrables vies civiles, sans renverser le cours de la guerre. La déclarer « ville ouverte », c'est l'abandonner sans combat pour épargner ses habitants et ses monuments, mais c'est livrer la capitale à l'ennemi et frapper le moral national.
Les autorités peuvent déclarer Paris ville ouverte pour éviter sa destruction. Organiser une défense symbolique ou réelle, au prix du sang et des pierres. Ou tenter une évacuation massive avant l'arrivée des Allemands. Déjà, des millions de Parisiens et de Français du Nord ont pris la route dans l'exode. Le choix engage l'avenir de la ville et le symbole qu'elle représente.
Faut-il déclarer Paris ville ouverte, organiser sa défense, ou miser sur l'évacuation ?
Les autorités choisissent A : Paris est déclarée ville ouverte, et les troupes allemandes y entrent sans combat le 14 juin 1940. La ville est épargnée des destructions, mais l'image des soldats allemands défilant sur les Champs-Élysées et de la croix gammée à l'Arc de triomphe constitue un choc national majeur. Des millions de Parisiens avaient déjà fui dans l'exode. La chute de Paris précipite la crise politique : trois jours plus tard, Pétain demandera l'armistice. La décision épargne la capitale, mais scelle symboliquement la défaite de 1940.









