Pierre Caron face à l'exode — l'archiviste et son poste
Été 1939 : , directeur des Archives nationales depuis 1937, fait appliquer un plan de protection préparé de longue date. Une partie des fonds les plus précieux est évacuée vers des châteaux de province (Loire, Haute-Loire) ; le reste demeure dans les dépôts parisiens, trop volumineux pour être déplacé.
En juin 1940, la débâcle s'accélère. Le gouvernement abandonne Paris pour Bordeaux, des millions de civils prennent la route de l'exode, et l'armée allemande entre dans la capitale le 14 juin. Caron doit trancher pour lui-même et son institution.
Rester expose le directeur et les fonds parisiens à l'occupant ; partir laisse les dépôts sans responsable au moment où ils sont le plus vulnérables. Aucun ordre clair ne lui parvient d'un État en pleine déliquescence.
En juin 1940, alors que le gouvernement quitte Paris pour Bordeaux et que la Wehrmacht approche, que décide le directeur des Archives nationales ?
choisit de rester à son poste à Paris pour veiller sur les collections et l'institution, alors même que le gouvernement gagnait Bordeaux. Il assure la continuité administrative des Archives nationales sous l'Occupation. Dès la mi-juin 1940, le capitaine Plassmann, attaché à l'ambassade allemande, le contacte ; puis un service allemand de protection des archives (Archivschutz), dirigé par , s'installe à l'hôtel de Rohan en août 1940 et obtient le retour à Paris de la plupart des fonds évacués en 1939. Caron dirige les Archives jusqu'en 1941.









