Juin 1940 : la Joconde sur les routes, devant l'avancée allemande
Depuis l'été 1939, les chefs-d'œuvre du Louvre ont été évacués par convois vers des châteaux de la Loire. La Joconde, la Vénus de Milo et des milliers de tableaux sont mis à l'abri, notamment au château de Chambord, devenu un immense dépôt.
En juin 1940, la débâcle militaire change tout. L'armée allemande déferle vers le sud et menace désormais la région de la Loire. Le directeur des Musées nationaux, qui dirige cette sauvegarde depuis le début, doit trancher dans l'urgence, alors que les routes sont engorgées de réfugiés et que la défaite s'annonce.
Laisser les caisses à Chambord, les déplacer plus loin vers le sud, ou se résigner à les confier au vainqueur : chaque option engage le sort d'un patrimoine irremplaçable.
Face à l'avancée allemande vers la Loire, que faire des milliers d'œuvres entreposées à Chambord ?
fit re-évacuer en urgence les œuvres vers le sud-ouest, hors de portée immédiate de l'avancée allemande. Une partie des collections, dont la Joconde, quitta la région de la Loire en juin 1940 pour l'abbaye de Loc-Dieu (Aveyron), puis, le site se révélant trop humide, fut transférée en octobre 1940 au musée Ingres de Montauban. Jaujard poursuivit tout au long de l'Occupation cette politique de dispersion et de protection, retardant et contournant les convoitises allemandes. Les collections furent sauvées et regagnèrent Paris après la guerre.









