L'exode français
À mesure que le front s'effondre et que les Allemands avancent, la France connaît à son tour un exode d'une ampleur inouïe : des millions de civils — on avance souvent le chiffre de huit millions de personnes, Français et réfugiés belges et néerlandais mêlés — se jettent sur les routes vers le sud, fuyant l'avance ennemie, les bombardements et la peur héritée de 1914.
Pour vous, famille française, le dilemme est le même que pour les Belges quelques jours plus tôt, mais à plus grande échelle encore. Fuir au plus vite vers le sud, dans la cohue des routes mitraillées, sans logement ni provisions assurés. Rester chez vous et attendre l'occupant, en gardant maison et biens. Ou partir tardivement, en espérant que le front se stabilise — au risque d'être pris dans la débâcle.
L'exode désorganise tout : routes saturées, communications coupées, administration en fuite, familles séparées. Le gouvernement lui-même quitte Paris. Faut-il partir, rester, ou attendre ? L'exode de 1940 jette sur les routes l'une des plus grandes masses de civils que l'Europe ait connues.
Notre famille française doit-elle fuir au plus vite, rester chez elle, ou attendre avant de partir ?
Comme en Belgique, une masse immense choisit A : l'exode français de mai-juin 1940 jette sur les routes jusqu'à huit millions de personnes, dans l'un des plus vastes déplacements de population de l'histoire européenne. Les routes mitraillées, les villes vidées, les familles dispersées composent un tableau de chaos et de détresse. La plupart rentreront chez elles durant l'été, en zone occupée ou en zone « libre ». L'exode, en désorganisant l'arrière et en sapant le moral, accompagne et aggrave la défaite militaire. Il marquera durablement la mémoire française et nourrira, à la Libération comme dans la littérature (Némirovsky, Suite française), le récit de l'année terrible.









