L'armée française de 1940 compte dans ses rangs de nombreux engagés volontaires étrangers : réfugiés antifascistes, républicains espagnols ayant fui Franco, Juifs ayant fui le nazisme, apatrides, immigrés. Beaucoup se sont engagés (souvent dans la Légion étrangère ou des régiments de marche) pour combattre l'Allemagne nazie, par conviction ou par reconnaissance envers le pays d'accueil. Vous êtes l'un d'eux.
À la débâcle, vous affrontez un sort particulièrement périlleux. Pour vous, tomber aux mains des Allemands signifierait, en tant qu'antifasciste, Juif ou « apatride », un traitement bien pire que celui réservé aux prisonniers ordinaires. Continuer le combat jusqu'au bout, puis tenter de fuir vers l'étranger (Angleterre, outre-mer) pour échapper à la capture. Vous fondre dans la population civile en vous débarrassant de l'uniforme. Ou vous rendre avec les autres soldats, en espérant le statut de prisonnier de guerre.
Pour ces volontaires venus combattre le nazisme, la défaite est une menace directe et personnelle. Leur engagement, souvent oublié, rappelle la dimension internationale de la lutte contre l'Axe et le courage de ceux qui se battaient pour une patrie qui n'était pas la leur de naissance.
Notre engagé volontaire étranger doit-il fuir vers l'étranger, se fondre dans la population, ou se rendre comme prisonnier ?
Les destins varient selon les moyens et la chance. Beaucoup se sont battus avec une grande bravoure (les régiments de marche de volontaires étrangers, les républicains espagnols, se distinguent dans les combats de 1940), conscients de ce qu'ils risquaient. À la défaite, certains parviennent à fuir (A) vers l'Angleterre ou l'Afrique, d'autres se fondent dans la population (B) ou sont faits prisonniers (C) — avec, pour les Juifs et antifascistes, le danger de persécutions ultérieures sous Vichy et l'occupant. L'engagement de ces volontaires étrangers, venus combattre le nazisme au nom d'un idéal, illustre la dimension internationale de la résistance dès 1940 — et le courage de ceux qui avaient le plus à perdre.









