L'or de la nation face a l'envahisseur
La Banque de France detient l'une des plus grandes reserves d'or au monde, garantie de la monnaie nationale et nerf de la guerre. Au printemps 1940, la percee allemande a Sedan transforme une menace lointaine en urgence absolue : l'or stocke dans les coffres parisiens pourrait tomber aux mains de l'ennemi.
Deplacer un tel tresor n'a rien d'anodin. Chaque tonne exige des convois, des navires, des escortes, et le moindre faux pas peut livrer le metal a l'envahisseur ou l'engloutir en mer.
La direction de la Banque doit trancher, et vite. Garder l'or sous la main, le disperser a l'interieur du pays, ou tenter de l'envoyer hors de portee de l'Allemagne au prix d'un periple a haut risque : chaque option engage l'avenir financier de la France.
Que faire des centaines de tonnes d'or de la Banque de France alors que la Wehrmacht progresse vers Paris au printemps 1940 ?
La Banque de France choisit l'evacuation hors d'atteinte de l'Allemagne. Des avant et pendant la campagne de 1940, l'essentiel des reserves est achemine par convois maritimes vers l'etranger : Etats-Unis, Canada, et surtout les colonies, notamment Dakar puis l'Afrique (l'or finira en partie a Kayes, au Soudan francais). Une fraction reste cachee en metropole. Sous l'Occupation, Vichy devra ceder de l'or au titre des frais d'occupation et transferer a l'Allemagne de l'or detenu en depot (dont l'or belge), episode qui donnera lieu a un long contentieux d'apres-guerre.









