Saboter les dépôts de carburant
À mesure que le front recule, les Alliés abandonnent derrière eux d'importants dépôts de carburant, de munitions et de matériel. Or les Panzers, dont l'avance dépend du ravitaillement en essence, ont besoin de capturer ces stocks intacts pour entretenir leur course. Détruire à temps ce qu'on ne peut emporter prive l'ennemi d'un précieux apport ; le laisser intact, c'est alimenter sa machine.
Le commandement allié, dans la confusion du repli, fait face à une politique de « terre brûlée » difficile à appliquer. Détruire systématiquement les dépôts à l'approche de l'ennemi, au risque de précipiter des destructions inutiles ou de gêner ses propres mouvements. Tenter de tout évacuer, ce qui est souvent impossible faute de temps et de transport. Ou, par négligence ou désorganisation, laisser les stocks tomber aux mains de l'ennemi.
L'enjeu est réel : on a vu des unités allemandes refaire le plein avec de l'essence française capturée. Une politique rigoureuse de destruction aurait pu, localement, freiner la ruée des Panzers. Mais la rapidité de l'avance et le chaos du repli compliquent tout.
Le commandement allié doit-il détruire systématiquement les dépôts, tenter de tout évacuer, ou parer au plus pressé ?
Dans la pratique, la désorganisation conduit souvent à C : faute de temps, d'ordres clairs et de coordination, une partie des dépôts de carburant alliés tombe intacte aux mains des Allemands, qui s'en servent pour entretenir l'élan de leurs blindés. Là où la destruction est appliquée (B et A), elle freine réellement l'ennemi. L'incapacité à mener une politique systématique de terre brûlée, dans le chaos du repli, compte parmi les facteurs qui ont facilité la course des Panzers — alors même que ceux-ci étaient, en théorie, vulnérables à la panne sèche. L'épisode illustre combien la logistique et le carburant furent, des deux côtés, au cœur de la bataille de 1940.









