Sous les bombes — les villes belges
Dès les premiers jours de l'invasion, l'aviation allemande bombarde gares, nœuds routiers et centres-villes pour désorganiser l'arrière et terroriser la population. Plusieurs villes belges — Tournai, Nivelles et d'autres — voient leur cœur historique ravagé par les flammes, parfois plusieurs jours de suite.
Pour vous, habitant, chaque alerte impose un choix de survie. Descendre à la cave ou dans un abri de fortune, et y rester tant que durent les raids, au risque d'être enseveli si la maison s'effondre. Fuir la ville vers la campagne, plus sûre mais où l'on perd tout repère et tout bien. Ou rester chez vous pour protéger votre logement et vos biens des pillages et des incendies.
L'angoisse est permanente : les bombardements sont imprévisibles, les secours débordés, les rumeurs affolantes. Faut-il se terrer, partir, ou tenir bon ? Des dizaines de milliers de familles affrontent ce dilemme, dans des villes dont certaines perdront en quelques jours une part de leur patrimoine et plusieurs centaines d'habitants.
Notre habitant doit-il se terrer dans un abri, fuir la ville, ou rester garder son logement ?
Les comportements se partagent, mais beaucoup finissent par B (la fuite), rejoignant l'exode général : la peur des bombes pousse des populations entières sur les routes, ajoutant à l'engorgement et au chaos. Les villes touchées — Tournai gravement incendiée à la mi-mai, Nivelles et d'autres — comptent leurs morts et leurs ruines. Le bombardement des centres urbains, intégré à la stratégie allemande de désorganisation et de terreur, marque durablement les mémoires. Pour les civils, mai 1940, ce ne fut pas seulement la défaite militaire, mais l'expérience brutale de la guerre moderne portée aux populations, loin du front.









