Les Champs-Élysées — 14 juin midi
Au matin du 14 juin 1940, les troupes du général von Studnitz () entrent dans Paris déclarée ville ouverte. Vers 09h00, un drapeau à croix gammée est hissé sur l'Arc de Triomphe, présenté comme un hommage aux soldats allemands tombés en 1914-1918. La capitale est calme, mais aux trois quarts vide : la population a fui pendant l'exode.
L'état-major allemand veut marquer symboliquement la prise de Paris. L'idée d'un défilé sur les Champs-Élysées — compagnie d'honneur, fanfare, musique militaire — est sur la table. La question est de doser l'effet : une démonstration de force trop ostentatoire risquerait de provoquer des incidents dans une population humiliée, tandis qu'une entrée trop discrète manquerait l'occasion d'affirmer la nouvelle autorité.
Pour les officiers de von Studnitz, le calcul est autant politique que militaire : il s'agit de produire l'image de la victoire, captée par les opérateurs de la propagande, tout en évitant l'étincelle qui mettrait le feu à une ville à peine occupée.
L'occupant doit-il organiser un défilé musical sur les Champs-Élysées ?
L'occupant retient A : un défilé musical descend les Champs-Élysées le 14 juin à midi. Les actualités allemandes en tirent l'une des images les plus diffusées de la chute de la France — colonnes au pas de l'oie sous l'Arc de Triomphe, avenue presque déserte. L'image est en partie trompeuse : la population avait fui en masse, mais ceux qui restaient regardaient souvent de loin, atterrés. Ce défilé, repris dans la propagande nazie (notamment le film Sieg im Westen), devient l'icône mondiale de la défaite française et le symbole de quatre années d'occupation qui s'ouvrent. La photographie de l'Arc de Triomphe sous croix gammée restera l'un des clichés les plus reproduits du conflit.









