Olry et l'Armée des Alpes — Briançon
Le général commande l' depuis le printemps 1940. Avec environ 175 000 hommes — chasseurs alpins, troupes de forteresse, — il tient près de 300 km de frontière, de la Suisse à la Méditerranée, face à une Italie bien plus nombreuse. Son dispositif s'appuie sur les quelque cent ouvrages de la ligne Maginot alpine, qui verrouillent les cols.
À partir du 21 juin, l'offensive italienne se brise sur ses positions. Olry doit en outre se garder sur ses arrières : la Wehrmacht, descendue par la vallée du Rhône après l'effondrement du front principal, menace de le prendre à revers. Il mène ainsi une bataille à deux faces — Italiens à l'est, Allemands au nord.
Alors que l'armistice est imminent, la question stratégique est de savoir s'il faut transformer le succès défensif en contre-attaque vers le Piémont, conserver une stricte défensive, ou se contenter de coups de main limités. L'enjeu : préserver une victoire qui, dans le désastre général, a valeur de symbole.
Olry doit-il contre-attaquer vers l'Italie ou s'en tenir à la défensive ?
Olry choisit B : il tient ses positions sans se disperser. Au 25 juin, l' n'a cédé sur aucun point fortifié, infligeant à l'Italie des pertes très supérieures aux siennes (de l'ordre de quelques milliers contre quelques centaines) tout en contenant la poussée allemande venue du nord. C'est la seule victoire défensive incontestable de l'armée française en 1940. Écarté par Vichy, jugé trop attaché à la République, Olry meurt en 1944. Sa bataille, longtemps oubliée, est aujourd'hui réévaluée comme la preuve que la défaite de 1940 ne fut pas une fatalité, mais le produit d'une doctrine et d'un commandement inadaptés sur le front principal.









