Les forts invaincus de la Maginot
L'armistice signé le 22 juin 1940 entre en vigueur le 25. Les grands ouvrages de la ligne Maginot, pour la plupart invaincus, se retrouvent dans une situation inédite : on leur ordonne de cesser le combat et de se rendre, alors qu'ils tiennent encore et n'ont pas été pris d'assaut. Pour des garnisons qui se sont battues avec fierté, l'ordre de capitulation est un déchirement.
Les commandants d'ouvrages font face à un dernier choix. Obéir à l'ordre de capitulation issu de l'armistice, et remettre des forts intacts à un ennemi qui ne les a pas vaincus. Refuser et continuer le combat, par honneur, au mépris de l'armistice et au risque de représailles sur l'ensemble des prisonniers. Ou négocier les conditions de la reddition (honneurs militaires, traitement des hommes).
L'amertume est immense : rendre une forteresse qu'on n'a pas perdue. Mais désobéir à l'armistice exposerait les hommes et romprait la discipline. C'est le dernier acte, paradoxal, d'une armée vaincue dont une partie restait invaincue sur le terrain.
Les commandants d'ouvrages doivent-ils obéir à l'ordre de capitulation, refuser et continuer, ou négocier les conditions de la reddition ?
Les garnisons choisissent A, souvent assorti de C : conformément à l'armistice, les ouvrages de la Maginot capitulent fin juin 1940 sur ordre du commandement français, beaucoup obtenant de sortir avec les honneurs militaires, drapeau déployé, en témoignage de leur résistance victorieuse sur place. Plusieurs commandants n'acceptent de se rendre qu'après confirmation explicite et écrite de leur hiérarchie, refusant d'abord de croire à l'ordre. Les hommes partent en captivité, invaincus mais prisonniers. La reddition de la Maginot intacte reste l'un des symboles les plus poignants de 1940 : la défaite d'une armée dont une part s'était battue jusqu'au bout sans céder.









