, 46 ans, règne sur la Roumanie depuis 1930 et a instauré en 1938 une dictature royale, supprimant les partis et gouvernant à travers le Front de la Renaissance nationale. Sa diplomatie reposait sur la garantie franco-britannique offerte au printemps 1939. L'effondrement de la France en juin 1940 fait voler en éclats ce filet de sécurité : Bucarest se retrouve seule face à ses voisins.
La Roumanie tient la Bessarabie (entre Prout et Dniestr) depuis 1918, au détriment de la Russie ; un protocole secret du pacte germano-soviétique a reconnu l'« intérêt » de Moscou pour cette province. Le 26 juin 1940 au soir, à peine les États baltes annexés, le commissaire convoque le ministre roumain à Moscou et exige la Bessarabie et la Bukovine du Nord. Quand Bucarest propose des négociations, Molotov répond que le choix est « concessions territoriales ou guerre ».
L' masse ses divisions sur le Dniestr. Sollicitée, l'Allemagne — qui dépend du pétrole et des céréales roumaines — conseille de céder. Le Conseil de la Couronne se réunit en urgence. doit répondre dans les heures qui suivent.
Faut-il accepter l'ultimatum de Molotov et céder la Bessarabie et la Bukovine du Nord, ou risquer la guerre contre l'Armée rouge ?
applique A. Après deux réunions du Conseil de la Couronne et faute de tout appui extérieur, il accepte le second ultimatum soviétique et ordonne l'évacuation. À partir du 28 juin 1940, l' occupe la Bessarabie et la Bukovine du Nord — quelque 50 000 km² et près de 3,8 millions d'habitants — dans la précipitation et le désordre. La capitulation sans combat ruine le prestige du roi : l'été 1940 voit la Roumanie démembrée, contrainte de céder aussi la Transylvanie du Nord à la Hongrie et la Dobroudja du Sud à la Bulgarie. Discrédité, abdique le 6 septembre 1940 en faveur de son fils Michel et s'exile, laissant le pouvoir réel au général et à la Garde de fer. La Roumanie basculera dans le camp de l'Axe et participera, en 1941, à la reconquête de la Bessarabie aux côtés de l'Allemagne.









