Quisling à Radio Oslo — 19h32
Le 9 avril 1940, alors que la Wehrmacht prend possession d’Oslo et que le gouvernement Nygaardsvold fuit vers le nord, voit l’occasion d’imposer sa figure politique. Sans accord allemand préalable (contrairement à ses entretiens de décembre 1939 avec ), il décide d’agir seul. À 19h00, il se présente au studio NRK (radio publique norvégienne) à Marienlyst, expulse les techniciens et prend les commandes du micro.
À 19h32, Quisling proclame en direct : « Je suis . Le gouvernement Nygaardsvold a fui. J’assume aujourd’hui le pouvoir comme Premier ministre du Royaume de Norvège. J’invite la population à ne pas résister à l’armée allemande qui vient libérer la Norvège du joug plouto-démocrate. Longue vie à la Norvège et à la coopération germano-norvégienne. »
La réaction est immédiate : stupéfaction dans toute la Norvège. La population n’a quasiment jamais entendu parler de Quisling — son parti, le Nasjonal Samling, a obtenu 1,8 % des voix aux dernières élections. La Wehrmacht elle-même est embarrassée : Hitler n’avait pas autorisé cette auto-proclamation. , envoyé spécial allemand à Oslo, doit gérer une situation diplomatique catastrophique : l’auto-proclamation n’était pas prévue par Berlin et place la Wehrmacht devant le fait accompli.
Berlin doit trancher en quelques heures.
Que doit faire Berlin face à l’auto-proclamation Quisling ?
Berlin applique B d’abord (12-15 avril), puis C. Hitler désavoue Quisling le 15 avril 1940 et propose à un gouvernement administratif présidé par , président de la Cour suprême norvégienne, modéré. refuse. Devant cet échec, Hitler nomme le 24 avril 1940 le Reichskommissar , administrateur civil allemand sous Goering. Quisling est marginalisé pendant 22 mois. Mais le 1er février 1942, Hitler le réhabilite : Quisling devient officiellement Ministerpräsident du gouvernement norvégien sous tutelle Terboven. Il commence la « nazification » de la Norvège — lois antisémites, déportation de 770 Juifs vers Auschwitz dont 33 survivront, brutalité contre la résistance. À la Libération le 9 mai 1945, Quisling est arrêté immédiatement, jugé pour haute trahison, condamné à mort et fusillé à la forteresse d’Akershus à Oslo le 24 octobre 1945 à 03h30. Le verbe « quisling » entre dans les dictionnaires anglais (Oxford, 1944) et autres langues, synonyme de collaborateur national et traître. La Norvège juge environ 50 000 collaborateurs après-guerre — proportion parmi les plus élevées d’Europe.









