Terboven et le sort de Quisling — Oslo
La Norvège conquise, Hitler y a nommé en avril 1940 un Reichskommissar, , haut fonctionnaire nazi chargé de l'administrer pour le Reich. Le roi et le gouvernement légitime sont en exil à Londres. Reste la question du pouvoir local : faut-il s'appuyer sur , le chef du parti collaborationniste Nasjonal Samling, qui avait tenté un coup d'État radiophonique dès l'invasion ?
Quisling est encombrant. Son nom est déjà synonyme de trahison, son parti est minoritaire et impopulaire, et son coup de force radiophonique d'avril s'était effondré en quelques jours, les Allemands eux-mêmes l'ayant aussitôt mis sur la touche. Berlin s'interroge : un fantoche détesté servirait-il vraiment une occupation tranquille ? La question oppose l'efficacité administrative à l'idéologie, qui pousse à récompenser un allié nazi local au sein de l'« ordre nouveau ».
Le 25 septembre 1940, Terboven prononce un discours qui fixe l'organisation du pouvoir en Norvège occupée. Il doit décider du sort de Quisling et du Nasjonal Samling : installer Quisling au gouvernement, l'écarter au profit d'un conseil de commissaires aux ordres de l'occupant, ou maintenir une fiction d'administration norvégienne neutre.
Terboven doit-il confier le pouvoir à Quisling ou l'en écarter ?
Terboven choisit B : le 25 septembre 1940, il abolit la monarchie et les partis, déclare déchu le roi en exil et installe un conseil de commissaires sous son autorité, en faisant du Nasjonal Samling le parti unique mais sans donner le gouvernement à Quisling. Ce dernier, soutenu directement par Hitler, regagnera du terrain et sera finalement nommé « ministre-président » en février 1942 — fonction symbolique sous tutelle allemande. Son nom est depuis passé dans le langage courant comme synonyme de collaborateur traître. Quisling sera jugé et exécuté en 1945. La Norvège occupée connaîtra une résistance civile tenace, notamment des enseignants et des Églises, contre la nazification voulue par Terboven, lequel se suicidera à la capitulation allemande.









