Tokyo — le Japon et le Pacte tripartite
À l'automne 1940, le Japon est embourbé depuis trois ans dans la guerre contre la Chine et cherche une issue dans l'expansion vers l'Asie du Sud-Est, où s'offrent les colonies affaiblies de la France, des Pays-Bas et de la Grande-Bretagne. Le ministre des Affaires étrangères, , partisan d'une diplomatie hardie, plaide pour un rapprochement avec l'Allemagne victorieuse.
Berlin propose un pacte tripartite avec l'Italie : chacun des trois s'engagerait à entrer en guerre si l'un d'eux était attaqué par une puissance encore neutre — visant clairement les États-Unis. Pour le Japon, l'alliance promet un appui face à Washington et une reconnaissance de sa « sphère de coprospérité ».
Mais le calcul est risqué. La marine impériale redoute d'attiser l'hostilité américaine, dont dépend l'approvisionnement japonais en pétrole et en acier. Lier le sort de Tokyo à celui de Berlin, c'est aussi parier sur une victoire allemande qui n'est plus aussi certaine depuis l'échec sur l'Angleterre. Matsuoka doit trancher : sceller l'alliance, la refuser pour ménager les États-Unis, ou temporiser.
Le Japon doit-il signer le Pacte tripartite avec l'Allemagne et l'Italie ?
Le Japon choisit A : le Pacte tripartite est signé à Berlin le 27 septembre 1940 par l'Allemagne, l'Italie et le Japon. Loin de dissuader les États-Unis, il les conforte dans leur fermeté : Washington durcit les embargos sur les matières stratégiques, accélérant la spirale qui mènera à l'embargo pétrolier de 1941 puis à Pearl Harbor (décembre 1941). L'alliance se révélera surtout formelle — les trois partenaires coordonneront peu leurs stratégies. Matsuoka, qui croyait jouer un coup de maître, sera écarté en 1941 après avoir aussi signé un pacte de neutralité avec Moscou, juste avant que l'Allemagne n'envahisse l'URSS. Le Pacte tripartite donne à la guerre sa dimension véritablement mondiale en reliant les théâtres européen et asiatique.









