Le Royaume-Uni a une longue tradition d'aversion pour la conscription en temps de paix, considérée comme contraire à ses libertés et inutile pour une puissance maritime. Mais après l'occupation de Prague en mars 1939 et la garantie donnée à la Pologne, Londres doit prouver à la France — qui supporte seule le poids de la conscription continentale — qu'il prend sa part de l'effort terrestre.
Le secrétaire à la Guerre et le Premier ministre Chamberlain pèsent une rupture historique : instaurer un service militaire obligatoire en temps de paix. Le projet vise les jeunes hommes de 20 à 21 ans, appelés à six mois d'entraînement dans la milice.
La décision est délicate. Une partie du parti travailliste et des syndicats s'y oppose, y voyant une atteinte aux libertés et un précédent dangereux. Mais ne rien faire affaiblirait la crédibilité britannique auprès de ses alliés et laisserait l'armée de terre sous-dimensionnée face à la Wehrmacht. Faut-il franchir le pas de la conscription, s'en remettre au volontariat, ou se contenter d'élargir la réserve territoriale ?
Le Royaume-Uni doit-il instaurer la conscription en temps de paix, rompant avec sa tradition ?
Le gouvernement choisit A : le Military Training Act reçoit la sanction royale le 26 mai 1939. Pour la première fois en temps de paix, le Royaume-Uni appelle ses jeunes hommes sous les drapeaux — les « militiamen » de 20 et 21 ans, convoqués pour six mois d'instruction. La mesure, votée malgré l'opposition d'une partie de la gauche, est avant tout un signal politique adressé à Paris et à Berlin : Londres est résolu à se battre s'il le faut. À la déclaration de guerre, elle sera prolongée et élargie par le National Service Act, qui généralise la conscription.









