Depuis l'axe Rome-Berlin de 1936, l'Italie fasciste s'est rapprochée de l'Allemagne nazie. Mais Mussolini veille à garder les mains libres : il a joué les médiateurs à Munich, et son gendre, le ministre des Affaires étrangères , se méfie de l'allié allemand, dont les coups de force répétés inquiètent jusqu'à Rome.
Au printemps 1939, Berlin presse pour transformer le rapprochement en alliance militaire formelle. Le projet de traité, rédigé côté allemand, est exceptionnellement contraignant : il engage chaque partie à entrer en guerre aux côtés de l'autre, sans clause d'échappatoire ni condition.
Or l'Italie n'est pas prête à un conflit majeur : son économie est fragile, ses forces armées mal équipées, son aventure éthiopienne et son intervention en Espagne l'ont épuisée. Signer un pacte aussi rigide, c'est lier le destin de l'Italie à celui d'une Allemagne imprévisible. S'en tenir à une entente plus souple préserverait la liberté de manœuvre, mais au risque de froisser Hitler. Mussolini doit trancher. La signature, ou son refus, engagera le destin de l'Italie pour les années décisives qui s'annoncent, et la place qu'elle tiendra dans le camp de l'Axe.
Mussolini doit-il lier l'Italie à l'Allemagne par une alliance militaire sans clause d'échappatoire ?
Mussolini choisit A : le 22 mai 1939, Ciano et Ribbentrop signent à Berlin le « Pacte d'acier », alliance militaire offensive et défensive sans clause de sauvegarde. Le Duce y voit un gage de prestige et la garantie d'une place à la table des vainqueurs. Mais l'engagement est dangereusement déséquilibré : il enchaîne l'Italie à l'initiative allemande sans lui assurer le délai dont elle a besoin pour s'armer. Quelques jours plus tard, Rome tentera de préciser ses réserves sur le calendrier — un repentir qui révèle d'emblée la fragilité du pacte. Le pacte fait de l'Italie, sur le papier, un belligérant dont le sort se trouve lié à celui des armes allemandes.









