Une marine pour 2 océans
Le 19 juillet 1940, quelques semaines après la chute de la France, le Congrès vote la plus grande loi d'expansion navale de l'histoire américaine. Elle augmente le tonnage de la flotte de près de 70 pour cent et autorise des centaines de navires de combat : cuirassés, porte-avions, croiseurs, destroyers et sous-marins.
Le raisonnement de l'état-major est qu'une guerre simultanée dans le Pacifique et dans l'Atlantique est devenue plausible, et qu'une flotte taillée pour un seul océan n'y suffirait pas. Reste à construire, vite et en quantité jamais vue.
Pour , secrétaire à la Marine, l'enjeu est industriel autant que stratégique. Les chantiers publics et privés doivent absorber un carnet de commandes sans précédent. Faut-il concentrer l'effort, le disperser, ou parier sur de nouvelles méthodes ?
Comment les commandes massives de la loi navale doivent-elles être réparties entre les chantiers ?
Les commandes furent étalées sur un large réseau de chantiers, mêlant arsenaux de la Marine et chantiers privés à travers tout le pays, afin de maximiser la cadence et de ne pas saturer un nombre restreint de sites. Cette dispersion, combinée à la montée en puissance industrielle américaine, permit à l'US Navy de mettre en service un volume de navires considérable durant la guerre ; les grands porte-avions de classe Essex commandés dans ce cadre devinrent l'épine dorsale de la flotte du Pacifique.
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T04-166