Selbstschutz — Alvensleben en Poméranie
Le (Auto-défense) est une organisation paramilitaire constituée à partir d'ethniques allemands (Volksdeutsche) résidant en Pologne d'avant-guerre. Préparée discrètement par l'Abwehr II (Canaris) et le Volksdeutsche Mittelstelle (VoMi) depuis le printemps 1939 — armement clandestin, formation aux opérations de "police". Au 1er septembre, environ 80 000 Volksdeutsche sont mobilisés en cellules clandestines en Pologne, particulièrement en Poméranie, Wartheland et Haute-Silésie.
Il est officiellement constitué le 8 septembre 1939 par décret d' comme organisation auxiliaire de la SS. Son chef pour la Poméranie polonaise est le SS-Standartenführer , 38 ans, aristocrate brandebourgeois. Il commande directement 25 000 hommes dispersés en sections locales.
Mission officielle : maintenir l'ordre dans les territoires occupés. Mission réelle : exécution des "ennemis du Reich" listés par le Sonderfahndungsbuch Polen, "purification ethnique" des élites polonaises et juives. Reste à Alvensleben à définir la latitude laissée à ses chefs de section locaux : encadrement étroit par la hiérarchie SS, avec exécutions ordonnées seulement par des supérieurs et listes contrôlées ; retenue calculée pour éviter les images compromettantes ; ou large liberté d'action sur le terrain.
Quel niveau de violence Alvensleben tolère-t-il chez ses hommes locaux ?
Alvensleben choisit B. Du 8 septembre au 30 novembre 1939, le est responsable, selon les estimations IPN, de 20 000 à 30 000 exécutions de Polonais et Juifs en Poméranie polonaise. Ses sections locales sont encadrées par de petits chefs Volksdeutsche — souvent artisans, instituteurs, propriétaires locaux qui connaissaient personnellement leurs voisins polonais et avaient accumulé des ressentiments à leur égard — auxquels une large latitude est laissée pour régler des comptes personnels et collectifs. Les massacres les mieux documentés : forêt de Piaśnica (12 000-14 000 morts, octobre 1939 - février 1940), Mniszek (10 000 morts), Karolewo (1 800 morts), Szpęgawsk (7 000 morts). Les exécutions sont menées en groupes de 30-50, sans procès, dans des fosses creusées la veille. Au printemps 1940, après la phase la plus active de violence collective, le est dissous officiellement (décret du 26 novembre 1939, effectif au printemps 1940) — ses membres absorbés par la Gestapo, la Schupo ou l'Allgemeine SS. Alvensleben passe en Yougoslavie occupée en 1941 où il commande la SS-Polizei. Il échappe à la justice après-guerre, fuit en Argentine où il meurt en 1970 sous fausse identité. Son nom n'apparaît jamais à Nuremberg. Le est aujourd'hui considéré par les historiens (, ) comme l'instrument privilégié du génocide non-étatique en Pologne occupée — où la violence "spontanée" des voisins est instrumentalisée par le pouvoir nazi.









