Hubal — après l'ordre de dissolution
, 42 ans, est major du dans la cavalerie polonaise. Officier expérimenté — guerre polono-soviétique 1920, médaillé olympique d'équitation à Nice en 1925. Son régiment, rattaché à la du colonel , mène un combat retardateur de la Volhynie à la Vistule durant tout le mois de septembre 1939.
Le 27 septembre, près d'Otałęż (Karpaty), Dembiński ordonne la dissolution de la brigade : la campagne est perdue, les armes doivent être enterrées, les hommes renvoyés chez eux ou prisonniers. Dobrzański refuse. Il rassemble une cinquantaine de cavaliers fidèles — anciens du régiment, sous-officiers, quelques officiers de réserve — et forme un détachement séparé de l'Armée polonaise (Oddział Wydzielony Wojska Polskiego, OWWP). Il prend le pseudonyme de « Hubal ».
En octobre, il se replie dans les forêts de Świętokrzyskie et Cisownik. Au 1er novembre 1939, son unité compte 320 hommes, ravitaillés par les paysans polonais ; sa femme et sa fille sont déjà en exil à Londres via la Hongrie. Mais des directives contradictoires arrivent depuis Paris (Sikorski) et depuis Varsovie clandestine (Rowecki, SZP). Faut-il maintenir une unité combattante ouverte, tenter de gagner la Hongrie ou la Roumanie pour rejoindre l'armée reconstituée à l'étranger, ou disperser les hommes en cellules dormantes ?
Que choisir face aux directives contradictoires qui arrivent depuis Paris et Varsovie ?
Hubal choisit A : il maintient un mode de vie quasi régimentaire — uniformes, drapeau, hiérarchie, salut, instruction — et refuse en novembre l'ordre du général (chef de la Służba Zwycięstwu Polski, embryon de la Résistance unifiée) de dissoudre son unité et de basculer en cellules dormantes. Ses raids contre les patrouilles allemandes durant l'hiver 1939-1940 provoquent des représailles massives — les villages soupçonnés de l'aider sont incendiés, plusieurs centaines de paysans exécutés. La « Leibstandarte » est temporairement détachée pour le traquer. Le 30 avril 1940, le détachement est encerclé à Anielin (près de Tomaszów Mazowiecki) ; Hubal est tué dans le combat. Les Allemands enterrent secrètement son corps pour éviter d'en faire un martyr — sa tombe n'a jamais été retrouvée. Il devient le « premier partisan de la Seconde Guerre mondiale » dans la mémoire polonaise. Le débat historiographique reste vif : ses raids ont-ils provoqué inutilement des représailles contre les civils, ou ont-ils maintenu une flamme de résistance ouverte qui a inspiré la suite ?









