Wasilewska à Lwów puis Moscou
, 34 ans, est l'une des intellectuelles polonaises les plus engagées du XXe siècle. Fille de , ancien ministre des Affaires étrangères de 1918 à 1919 et ami personnel de Piłsudski, elle a pourtant rompu avec l'héritage paternel pour rejoindre le mouvement communiste polonais dans les années 1930. Écrivaine reconnue — on lui doit Ojczyzna, « La Patrie », en 1935, et Ziemia w jarzmie, « La Terre sous le joug », en 1938 —, elle compte parmi les grandes voix de la gauche révolutionnaire du pays. Membre du PPS-Lewica, l'aile gauche du Parti socialiste polonais, elle est devenue ensuite sympathisante, sans y adhérer, du Parti communiste polonais que Staline a dissous en 1938.
Lorsque l'invasion soviétique survient, le 17 septembre 1939, elle se trouve à Lwów. Sa notoriété et son passé communiste font aussitôt d'elle, aux yeux du NKVD, un atout politique de premier ordre : une intellectuelle polonaise reconnue, fille d'un ancien ministre.
En octobre 1939, elle est invitée à Moscou, où la reçoit en personne. En mars 1940, elle est élue députée du Soviet suprême de l'URSS, comme représentante de la RSS de Biélorussie occidentale, et devient l'une des interfaces clés entre les Polonais présents en URSS et le gouvernement soviétique.
Wasilewska doit choisir la stratégie politique de ces premiers mois sous occupation.
Quelle stratégie politique Wasilewska adopte-t-elle dans les premiers mois sous occupation soviétique ?
Wasilewska applique A intégralement. À partir de 1941, elle devient l'organisatrice principale des Polonais pro-soviétiques en URSS. En 1943, après la rupture Sikorski-Staline sur Katyn, elle fonde l'Union des patriotes polonais (ZPP) — gouvernement polonais alternatif sous tutelle soviétique. Co-fonde la en mai 1943 (qui combat aux côtés de l' — Lenino, Berlin). Présidente du PKWN (Comité polonais de Libération nationale, juillet 1944) — embryon du futur gouvernement communiste polonais. Mais elle reste finalement marginalisée dans la Pologne communiste après 1945 — Staline la jugera trop « indépendante ». Vit principalement en Ukraine (Kiev). Meurt en juillet 1964 à Kiev. Réhabilitée puis abrogée plusieurs fois selon les régimes polonais. Aujourd'hui, sa figure reste profondément contestée : trahison nationale pour les uns, lucidité politique pour les autres.









