Mościcki — la succession depuis Bicaz
, 72 ans, chimiste de formation, est président de la Pologne depuis 1926 — élu par l'Assemblée nationale dans le cadre du régime de la Sanacja installé par après le coup de mai 1926. Au 17 septembre 1939, après l'invasion soviétique, il franchit la frontière roumaine avec le gouvernement de Sławoj-Składkowski. Selon le traité polono-roumain de 1921, la Roumanie devait accorder le transit libre au gouvernement polonais en route vers la France. Mais le 18 septembre, sous pression française (le gouvernement Daladier craint que Mościcki, lié à la Sanacja, ne nuise à l'image polonaise auprès des Alliés) et sous pression allemande, le ministre roumain des Affaires étrangères annonce que tous les membres du gouvernement polonais seront internés sur le territoire roumain.
Mościcki est assigné à résidence à Bicaz, dans les Carpates. La Constitution polonaise d'avril 1935 lui donne un pouvoir crucial : en cas d'empêchement du président, il peut désigner son successeur par décret. Cette clause vise à assurer la continuité de l'État.
Le 25 septembre, il signe un premier décret désignant comme successeur — général de cavalerie, ami intime de Piłsudski, ambassadeur de Pologne en Italie depuis 1938. Wieniawa est immédiatement contesté à Paris : Daladier le considère comme "trop sanationiste", et Sikorski (qui prépare le gouvernement en exil) refuse de servir sous lui. Pression française très ferme exprimée par l'ambassadeur .
Mościcki doit-il changer de successeur sous la pression française ?
Mościcki choisit B. Le 29 septembre 1939, il annule par décret la désignation de Wieniawa et désigne — ancien voïvode (préfet) de Volhynie, modéré non-aligné, accepté par Paris. Raczkiewicz prête serment à l'ambassade polonaise de Paris le 30 septembre à 11h. Il nomme immédiatement Sikorski Premier ministre. Le précédent juridique posé par Mościcki est crucial : il permet la continuité légale ininterrompue de la Pologne souveraine en exil — la présidence polonaise en exil existera officiellement jusqu'en 1990, date à laquelle (dernier président en exil) remettra les insignes constitutionnels à élu démocratiquement. Mościcki, libéré par les Roumains fin 1939, est accueilli en Suisse, où il meurt le 2 octobre 1946 à Versoix (canton de Genève). Wieniawa-Długoszowski, désavoué, devient ambassadeur à La Havane puis se suicide à New York le 1er juillet 1942 — épisode souvent cité comme symbolisant la fin d'un monde polonais.









