Reynaud face à Daladier — février 1940
Le gouvernement , au pouvoir depuis le 10 avril 1938, traverse une crise prolongée. Sa popularité s'effondre : la Sarre avortée, la dissolution du PCF, la drôle de guerre statique, le déficit budgétaire explosif (50 milliards de francs en 1939, projeté à 80 milliards en 1940), la passivité face aux provocations soviétiques en Pologne et en Finlande — tout pèse contre le gouvernement.
, 62 ans, ministre des Finances depuis novembre 1938, incarne la ligne offensive au sein du gouvernement. Ancien avocat international, modéré-conservateur (parti Alliance démocratique), il préconise : mobilisation économique totale française ; offensive militaire alliée pour aider la Finlande ; alliance forte avec la Grande-Bretagne. Daladier, plus prudent, refuse l'engagement direct en Scandinavie.
Le 5 février 1940, au Conseil suprême interallié à Paris, Reynaud et Churchill (Premier Lord de l'Amirauté britannique) s'accordent sur un plan Narvik offensif. Daladier oppose son veto. Reynaud, frustré, songe à démissionner. Du 6 au 22 février, tensions Daladier-Reynaud publiques. Plusieurs députés (, ) plaident pour le remplacement de Daladier.
Reynaud doit choisir comment agir face à Daladier.
Comment Reynaud doit-il agir face à Daladier ?
Reynaud choisit B. Pendant le mois de février 1940, il demeure ministre des Finances mais critique en privé. Le 15 mars 1940, après la Paix de Moscou (la Finlande a été sacrifiée par l'inaction alliée), le débat à la Chambre est houleux. Daladier obtient la confiance par seulement 239 voix contre 1 et 300 abstentions — vote technique de défiance. Le 21 mars 1940, Daladier démissionne. Reynaud lui succède comme Président du Conseil ; il garde Daladier comme ministre de la Défense (compromis politique). Reynaud nomme le 6 juin 1940 le général de Gaulle comme sous-secrétaire d'État à la Défense. Reynaud lui-même démissionnera le 16 juin 1940 face à la défaite militaire. Arrêté par Vichy en septembre 1940, déporté à Sachsenhausen en 1942, libéré 1945. Reprend une carrière politique IVème République (député 1946-1962), meurt en 1966. La crise de février 1940 préfigure la décomposition politique française qui mènera à la chute de mai-juin 1940.









