Mars 1943 — où placer les escorteurs ?
Dans les sous-sols de Derby House, à Liverpool, où l'on suit la bataille de l'Atlantique heure par heure, mars 1943 a des airs de catastrophe : 120 navires coulés en un seul mois. « La bataille de l'Atlantique fut le facteur dominant de toute la guerre », écrira ; jamais on ne pouvait oublier que tout le reste en dépendait. Et la balance penche du mauvais côté.
Pourtant, des outils neufs affluent enfin : des avions à très long rayon d'action porteurs de radar et de projecteurs Leigh, la radiogoniométrie haute fréquence, des mortiers à tir avant, et le trafic chiffré allemand de nouveau lisible. Reste à décider comment employer cette manne. Un officier longtemps mal-aimé plaide depuis des années pour cesser de se cramponner aux convois et aller frapper l'ennemi à sa porte.
L'état-major peut maintenir tous les escorteurs en défense rapprochée, soudés à leurs convois comme la prudence l'a toujours commandé ; il peut détacher des groupes d'appui indépendants, des chasseurs-tueurs libres de pourchasser les U-boots où qu'ils se trouvent ; ou parier d'abord sur l'aviation à très long rayon et le verrouillage du golfe de Gascogne, par où les meutes gagnent le large.
Liverpool, mars 1943, vous dirigez le Western Approaches Command au pire de la bataille de l'Atlantique : comment redéployer vos escorteurs ?
On forma les groupes d'appui. Au printemps 1943, des escadrilles de chasseurs-tueurs indépendantes — dont celle confiée à — cessèrent de se cramponner aux convois pour traquer librement les U-boots, tandis que l'aviation à très long rayon comblait enfin le « trou » central de l'Atlantique : les 2 leviers jouèrent ensemble. En mai 1943, le « Mai noir », l'arme sous-marine perdit une quarantaine de bâtiments ; retira ses meutes de l'Atlantique Nord. Le rapport de forces venait de s'inverser pour de bon.
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