U-202 — 14 heures sous la traque
n'était pas inquiet. Au matin du 1er juin 1943, repéré par radiogoniométrie, il avait fait plonger l'U-202 sans hâte : 5 attaques déjà esquivées au cours de cette seule patrouille, et la conviction tranquille qu'un bon commandant glisse toujours entre les mailles. Il ignorait qui venait de le localiser.
Les sloops qui l'encerclaient ne lâchaient pas. Leur sonar — l'Asdic — collait à la coque, ses impulsions résonnant jusque dans le poste central ; les grenades tombaient au plus juste, et les 76 leurres à bulles d'hydrogène qu'il avait lâchés pour brouiller l'écho n'y faisaient rien. Heure après heure, le groupe revenait, méthodique, comme guidé par une oreille capable de distinguer le vrai écho du faux.
14 heures plus tard, l'air est vicié, les batteries s'épuisent, et la coque gémit par plus de 200 mètres de fond, à la limite de l'écrasement. Il reste à Poser 3 portes, toutes étroites : rester en plongée profonde et silencieuse, en pariant que les chasseurs perdent le contact ou manquent de carburant ; remonter à la faveur de la nuit pour recharger ses batteries et fuir en surface ; ou faire surface pour saborder et se rendre, et sauver au moins ses hommes.
Que tente Poser pour sauver son équipage ?
Poser remonta. À 2 minutes après minuit, l'U-202 perça la surface pour tenter sa fuite dans le noir — mais le groupe de chasse l'attendait : repéré aussitôt, le sous-marin fut criblé et sombra. Les survivants, Poser compris, furent repêchés et faits prisonniers. La traque avait duré 14 heures. Le commandant britannique qui l'avait menée, , salua laconiquement « un excellent exercice de groupe », et le commandement des Western Approaches parla de « la plus belle performance sonar de la guerre ». Au mitan de 1943, ce genre de chasse faisait chuter le moral de l'arme sous-marine : le U-boot n'opérait plus impunément.
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