Un raider, un convoi et une escorte de croiseurs
Au matin de Noël 1940, le Kapitän zur See commande le croiseur lourd Admiral Hipper, lancé dans l'Atlantique pour l'opération Nordseetour, une chasse aux convois alliés au large des côtes ibériques.
Le navire traîne un handicap : une avarie de turbine survenue plus tôt en décembre, réparée provisoirement, qui limite son endurance et sa vitesse soutenue. Meisel sait que tout engagement prolongé risque d'aggraver les ennuis mécaniques, et que ses consignes lui interdisent d'affronter une force supérieure.
Dans la nuit du 24 au 25 décembre, le radar du Hipper détecte une masse de navires à environ 700 milles à l'ouest du cap Finisterre. Il s'agit du convoi WS-5A : une vingtaine de transports chargés d'environ 40 000 soldats et de matériel, en route vers le Moyen-Orient. La cible est tentante — un coup décisif contre l'effort britannique. Mais l'escorte se révèle redoutable : le croiseur lourd Berwick et les croiseurs légers Bonaventure et Dunedin, sans compter la possibilité d'un porte-avions à proximité. À l'aube, le Hipper ouvre le feu. Meisel doit décider s'il presse l'attaque au cœur du convoi, malgré l'escorte et son moteur fragile, ou s'il rompt le combat.
Meisel doit-il forcer l'attaque contre le convoi WS-5A malgré l'escorte de croiseurs et son avarie, ou rompre le contact ?
Meisel choisit B : après un bref échange de tirs où le Berwick essuie quelques coups sans que le Hipper ne perce l'escorte, et alors que Bonaventure et Dunedin se rapprochent, le croiseur allemand rompt le contact, fidèle à la consigne de ne pas affronter une force supérieure. Le convoi WS-5A perd un ou deux navires endommagés ou coulés selon les sources, mais l'essentiel des transports et de leurs 40 000 hommes poursuit sa route. Le Hipper, gêné par ses turbines et à court de carburant, met le cap sur Brest, où il arrive le 27 décembre. L'épisode illustre la doctrine prudente de la Kriegsmarine pour ses grands raiders de surface, jugés trop précieux pour être risqués — une retenue qui limita leur impact réel sur la guerre des convois.









