Dans la nuit du 29 au 30 décembre 1940, la Luftwaffe lance contre Londres l'un des raids incendiaires les plus destructeurs du Blitz. Des centaines de bombardiers déversent des dizaines de milliers de bombes incendiaires sur la City, le cœur historique et financier de la capitale, visant à allumer un brasier général. La marée est basse sur la Tamise, ce qui prive en partie les pompiers d'eau, et beaucoup de bureaux sont fermés et verrouillés pour le week-end.
Notre veilleur au feu est l'un de ces volontaires postés sur les toits — clergé, employés, bénévoles — chargés de repérer et d'éteindre les bombes incendiaires avant qu'elles ne déclenchent un feu majeur. Autour de la cathédrale Saint-Paul, dôme emblématique de Londres, les foyers se multiplient ; Saint-Paul est le symbole que Londres redoute de perdre.
Les volontaires sont peu nombreux, l'eau manque, et les bombes tombent plus vite qu'on ne peut les neutraliser. Chacun doit décider où porter son effort : protéger en priorité Saint-Paul, sauver les édifices encore vides alentour, ou se mettre à l'abri devant un incendie qui devient incontrôlable.
Où les veilleurs au feu doivent-ils concentrer leurs efforts cette nuit-là ?
Les volontaires et la brigade du feu donnent la priorité à A : Churchill avait fait savoir que la cathédrale devait être sauvée à tout prix pour le moral national, et ils luttent partout où ils le peuvent. La cathédrale Saint-Paul est sauvée — une photographie de son dôme émergeant de la fumée et des flammes deviendra l'image emblématique de la résistance londonienne. Mais la City est ravagée : des quartiers entiers, des églises de , la Guildhall et des millions de livres et d'archives partent en fumée dans ce que la presse appelle le « second grand incendie de Londres », en écho à celui de 1666. Le bilan humain est plus limité que lors d'autres raids — les bureaux étant vides — mais les dégâts matériels sont colossaux. L'épisode renforce l'organisation obligatoire des veilleurs au feu dans tout le pays.









